{"id":835,"date":"2018-08-04T18:36:36","date_gmt":"2018-08-04T18:36:36","guid":{"rendered":"https:\/\/ruptare.wordpress.com\/?p=835"},"modified":"2018-08-04T18:36:36","modified_gmt":"2018-08-04T18:36:36","slug":"intermede-veille-vacances","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/2018\/08\/04\/intermede-veille-vacances\/","title":{"rendered":"retour sur lectures solaires&#8230; pour combattre le feu par le feu"},"content":{"rendered":"<p>Je r\u00e9digeais ce matin quelques notes pour mettre \u00e0 jour un document \u00e9crit au cours des derniers jours de d\u00e9cembre 2017 pour faire le point\u2026 et prendre des r\u00e9solutions. J&rsquo;avais alors termin\u00e9 mon contrat comme animateur des jardins collectifs sous la responsabilit\u00e9 du Club populaire des consommateurs de Pointe-Saint-Charles, contrat temporaire pour lequel j&rsquo;effectuais un remplacement suite \u00e0 la ma\u00eetrise en litt\u00e9rature. J&rsquo;\u00e9tais sans emploi, et notre situation familiale devenait pr\u00e9occupante financi\u00e8rement.<br \/>\nJe ne me citerai pas ici (l&rsquo;essentiel qui se d\u00e9gage de ce texte est encore une fois la n\u00e9cessit\u00e9 de chercher \u00e0 atteindre l&rsquo;\u00e9quilibre) car mon but \u00e9tait simplement de renouer avec l&rsquo;\u00e9criture, non pas tant pour souligner les progr\u00e8s accomplis depuis (j&rsquo;ai notamment trouv\u00e9 un travail comme Charg\u00e9 de projets sp\u00e9ciaux \u00e0 l&rsquo;ASTED), que pour partager certaines coups de c\u0153ur pour des lectures effectu\u00e9es plus t\u00f4t cette ann\u00e9e et \u00e9voquer des lectures en cours.<a href=\"https:\/\/www.editions-lepommier.fr\/lincandescent\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-842 alignright\" src=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/serres_incandescent_pommier.jpg?w=198\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/serres_incandescent_pommier.jpg 256w, https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/serres_incandescent_pommier-198x300.jpg 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En lien avec mon travail, je lis \u00e0 bonnes petites lamp\u00e9es <a href=\"https:\/\/davidlankes.org\/new-librarianship\/the-atlas-of-new-librarianship-online\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>The Atlas of New Librarianship<\/em><\/a>, de David Lankes, r\u00e9\u00e9dition de l&rsquo;ouvrage paru en avril 2011, et mis sous licence Creative Commons, il y a un peu plus\u00a0 d&rsquo;un mois (t\u00e9l\u00e9chargeable au format PDF d&rsquo;abord &#8211; puis s&rsquo;est ajout\u00e9e la version ePub) depuis le <a href=\"https:\/\/davidlankes.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">site de l&rsquo;auteur<\/a>.<\/p>\n<p>Je suis aussi en train de (re)lire <a href=\"https:\/\/www.editions-lepommier.fr\/lincandescent\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>L&rsquo;Incandescent<\/em><\/a>, un ouvrage assez r\u00e9cent (2003, \u00e7a fait \u00e0 peine 15 ans) de Michel Serres, paru aux \u00c9ditions Le Pommier et dont la couverture pr\u00e9sente un champlabour\u00e9 o\u00f9 un sillon de neige demeure r\u00e9tif \u00e0 la fonte, comme une incongru\u00eft\u00e9 au c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Cela me paraissait seyant en ces temps de canicule g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Dans ce dernier cas, pourtant, je suis tomb\u00e9 dessus (tel la pomme choit du pommier, m\u00fbre), en constituant l&rsquo;inventaire des livres qui occupent beaucoup d&rsquo;espace dans notre relativement petit appartement.<br \/>\nParenth\u00e8se : Il est int\u00e9ressant de constater \u00e0 quel point il est encore plus difficile de me r\u00e9soudre \u00e0 me d\u00e9partir de livres une fois que je les ai inscrits dans une base de donn\u00e9es, ce qui me donne parfois l&rsquo;occasion de d\u00e9couvrir leur raret\u00e9 et leur valeur aux yeux d&rsquo;autres lecteurs, alors que je les avais h\u00e9rit\u00e9s de mon p\u00e8re ou achet\u00e9 sans trop r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l&rsquo;\u00c9change (librairie de livres usag\u00e9s sur la rue Mont-Royal \u00e0 Montr\u00e9al). <a href=\"https:\/\/davidlankes.org\/new-librarianship\/the-atlas-of-new-librarianship-online\/\" target=\"_bank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-841 alignright\" src=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/lankes-atlas-librarianship_cover1-300x300-1.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/lankes-atlas-librarianship_cover1-300x300-1.png 300w, https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/lankes-atlas-librarianship_cover1-300x300-1-150x150.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a> Finalement, Michel Serres est un fid\u00e8le animateur de r\u00e9flexions profondes et pertinentes, gr\u00e2ce en grande partie \u00e0 son approche litt\u00e9raire et surtout passionn\u00e9ment humaniste des grandes questions th\u00e9oriques, philosophiques, politiques et m\u00eame \u00e9conomiques (<em>Le Parasite<\/em>).<br \/>\nIl est d&rsquo;ailleurs, lui aussi, auteur d&rsquo;un <em>Atlas<\/em>. L&rsquo;\u00e9criture de l&rsquo;auteur du <em>Tiers instruit<\/em> peut sembler aride, mais il est d&rsquo;une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 si on pers\u00e9v\u00e8re. Il veut nous faire aimer la vie (et la v\u00e9rit\u00e9) dans ce qu&rsquo;elle a de rayonnant.<br \/>\nJe vous en citerai un extrait plus bas c&rsquo;est promis.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;instant, ce qui compte est que je vous relate aussi la place nouvelle qu&rsquo;ont pris (outre les vieux livre de ma biblioth\u00e8que que je red\u00e9couvre en les inventoriant), les petits livres laiss\u00e9s par des g\u00e9n\u00e9reux philanthropes dans les micro-biblioth\u00e8ques de quartier, notamment celle qui se trouve dans l&rsquo;entr\u00e9e du service de garde \u00abLe petit prince\u00bb, au demi-sous-sol de l&rsquo;\u00c9cole Charles-Lemoyne, o\u00f9 va mon fils (il vient de terminer sa maternelle).<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>J&rsquo;y ai trouv\u00e9 deux \u00abperles\u00bb, et pr\u00e9cieux t\u00e9moins de la vivacit\u00e9 de notre litt\u00e9rature au XXe si\u00e8cle. Il s&rsquo;agit de deux petits livres par leur \u00e9paisseur, mais grands comme le myst\u00e8re d&rsquo;\u00eatre vivant en ce monde, du point de vue de la r\u00e9v\u00e9lation qu&rsquo;ils contiennent. Le premier est aussi celui qui fut un des premiers livres modernes de la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise (pardon de pr\u00e9sumer que vous aviez compris quand je disais \u00abnous\u00bb : d&rsquo;ailleurs, si je n&rsquo;\u00e9cris pas avec l&rsquo;accent qu\u00e9b\u00e9cois, je suis convaincu que la litt\u00e9rature qu\u00e9b\u00e9coise est une contribution pr\u00e9cieuse \u00e0 la litt\u00e9rature universelle), et un qui fut aussi des plus f\u00e9rocement censur\u00e9s (co\u00fbtant m\u00eame \u00e0 son auteur son emploi). Il s&rsquo;agit de ce roman p\u00e9n\u00e9trant : <em><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/harvey_jean_charles\/les_demi_civilises\/les_demi_civilises.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les demis-civilis\u00e9s<\/a><\/em>, de Jean-Charles Harvey. D&rsquo;abord paru en 1934, il dut \u00eatre retir\u00e9 des tablettes des librairies sous ordre du Tout-puissant clerg\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, au Qu\u00e9bec, et ne fut r\u00e9\u00e9dit\u00e9 qu&rsquo;en 1962.<br \/>\nCe livre respire la libert\u00e9 et t\u00e9moigne d&rsquo;une grande capacit\u00e9 de l&rsquo;auteur \u00e0 ne pas se soucier de que la critique ou l&rsquo;intelligentsia pourra penser de lui. Il d\u00e9nonce les errances de nos institutions, de nos \u00e9lites et de notre population trop friande d&rsquo;illusions et d\u00e9masque ces hypocrisies avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante, sans se priver de faire entrer son personnages des d\u00e9lires de voyance proprement surr\u00e9alistes. <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/harvey_jean_charles\/les_demi_civilises\/les_demi_civilises.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-843 alignright\" src=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/demi-civilises_harvey_1962.jpg?w=179\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/demi-civilises_harvey_1962.jpg 1024w, https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/demi-civilises_harvey_1962-179x300.jpg 179w, https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/demi-civilises_harvey_1962-612x1024.jpg 612w, https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/demi-civilises_harvey_1962-768x1284.jpg 768w, https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/demi-civilises_harvey_1962-919x1536.jpg 919w\" sizes=\"auto, (max-width: 179px) 100vw, 179px\" \/><\/a><br \/>\nL&rsquo;all\u00e9gorie c\u00f4toie ici la chronique (critique sociale et lyrisme po\u00e9tique se marient adroitement) gr\u00e2ce \u00e0 un \u00e9l\u00e9gant m\u00e9lange de descriptions et d&rsquo;interactions constituant un r\u00e9cit poignant, o\u00f9 des destins se jouent, sur fond de soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9cadente alors qu&rsquo;elle se croit moderne le tout harmonis\u00e9 comme un film de Ren\u00e9 Clair gr\u00e2ce \u00e0 une plume pr\u00e9cise et d\u00e9li\u00e9e. J&rsquo;exag\u00e8re un peu l&rsquo;\u00e9loge et je ne renie pas Ringuet, dont le <em><a href=\"https:\/\/beq.ebooksgratuits.com\/pdf-xpdf\/Ringuet-arpents.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Trente arpents<\/a><\/em> para\u00eet 4 ans plus tard, et qui est tout aussi d\u00e9capant, m\u00eame si on l&rsquo;associe encore (\u00e0 raison, malgr\u00e9 la tension avec la ville qui se dessine) au roman du terroir.<br \/>\nAfin d&rsquo;illustrer la beaut\u00e9 de son style, voici un extrait qui m&rsquo;a particuli\u00e8rement frapp\u00e9 :<\/p>\n<blockquote><p>Un soleil soporifique, indiscret et brutal me fouillait le fond des yeux avec des rayons lourds comme des doigts de plomb. Pour m&rsquo;en prot\u00e9ger, je m&rsquo;affalai sur un banc, \u00e0 l&rsquo;ombre d&rsquo;un \u00e9rable.<br \/>\nJe levai mon regard vers le feuillage, et il me sembla que cette masse de verdure buvait la lumi\u00e8re comme une \u00e9ponge et qu&rsquo;il e\u00fbt suffi de la presser des deux mains pour en faire pleuvoir sur mes \u00e9paules des gouttes de soleil.<br \/>\nBient\u00f4t, l&rsquo;arbre subit, \u00e0 mes yeux, une \u00e9trange m\u00e9tamorphose. Toute cette mati\u00e8re v\u00e9g\u00e9tale se disloqua et s&rsquo;ordonna comme \u00e0 travers un kal\u00e9idoscope. Le tronc sur lequel je m&rsquo;adossais cessa d&rsquo;\u00eatre mon appui pour devenir un boulevard o\u00f9 passait du monde\u00a0; chaque branche se transforma en sentier, en rue, en ruelle, puis, les feuilles se group\u00e8rent en un bloc \u00e9norme pour composer une ville \u00e9tendue jusqu&rsquo;au bord de l&rsquo;horizon.<\/p><\/blockquote>\n<p>J&rsquo;ai appris apr\u00e8s l&rsquo;avoir lu que Jean-Charles Harvey \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un partisan du lib\u00e9ralisme et a \u00e9crit des pamphlets contre les intellectuels communistes qui ont pu prendre la parole malgr\u00e9 leur opposition commune au clerg\u00e9. Mais on ne commettra pas l&rsquo;erreur de condamner l&rsquo;oeuvre en raison des croyances id\u00e9ologiques de son auteur. D&rsquo;ailleurs on ne peut lui en vouloir d&rsquo;avoir condamn\u00e9 le dogmatisme dans l&rsquo;application des id\u00e9es de Marx. Et il faut lui \u00eatre gr\u00e9 d&rsquo;avoir eu le courage d&rsquo;attaquer toutes les id\u00e9ologies r\u00e9duisant la libert\u00e9, \u00e0 commencer par celle de la religion catholique, dont il r\u00e9sumait bien les effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res dans<a href=\"https:\/\/www.gallimardmontreal.com\/catalogue\/livre\/la-peur-harvey-jean-charles-9782764600405\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em> La peur<\/em><\/a>.<\/p>\n<p>Bon, surmontons les n\u00f4tres, et des contempteurs du d\u00e9sir de jouir de la vie dans sa richesse, ne soyons pas les veaux\u2026<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;on s&rsquo;entende bien, la richesse de la vie n&rsquo;est absolument pas r\u00e9ductible \u00e0 celle de l&rsquo;argent, tout comme les sources cr\u00e9dibles de la science ne sont pas limit\u00e9es aux articles scientifiques.<br \/>\nJ&rsquo;en veux pour preuve les \u00e9crits de Serres, qui en conna\u00eet un rayon \u00e0 ce sujet et qui a suivi de pr\u00e8s l&rsquo;\u00e9volution de la situation au fil des ans.<\/p>\n<p>Il compare la facilit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s aux connaissances avec le web avec la possibilit\u00e9 que l&rsquo;on a, en tant que photographe, d&rsquo;immortaliser des vues imprenables des sommets des montagnes les plus \u00e9lev\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 des h\u00e9licpt\u00e8res, au lieu d&rsquo;avoir \u00e0 les escalader. Les scientifiques choisissent par vocation le chemin le plus escarp\u00e9. Les amateurs se contentent parfois de glaner des connaissances recueillies au gr\u00e9 de leur p\u00e8lerinages \u00e0 travers des havres de ressourcement dans leurs champs de connaissances pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Ils semblent butiner l\u00e0 o\u00f9 les savants professionnels burinent des \u00e9l\u00e9ments partiels et forc\u00e9ment faillibles de connaissances \u00e0 coup de pics et de pelles de haute pr\u00e9cision (scalpels et scanners). Mais cela ne nous restitue pas une image compl\u00e8te et suffisante de ce que peut signifier conna\u00eetre aujourd&rsquo;hui. D&rsquo;autres voies nous sont ouvertes pour acc\u00e9der \u00e0 une certaine conscience (pour ne pas dire \u00e0 un conscience certaine) de certaines \u00abprobl\u00e9matiques\u00bb, qui ne sont plus l&rsquo;apanage des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Plus profond\u00e9ment, nous communions forc\u00e9ment, chercheurs et promeneurs (dilettantes et professionnels), par notre besoin identique de b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;\u00e9lan et de l&rsquo;orientation que nous procure l&rsquo;aspiration \u00e0 une certaine forme d&rsquo;harmonie, entre nos valeurs et la v\u00e9rit\u00e9. Et c&rsquo;est la musique qui nous permet de faire notre chemin de mani\u00e8re contradictoire, car pour tenir un discours encore faut-il se laisser se saisir par le rythme, \u00e9pouser un ton, une incarnation de sens qui nous transforme et rapproche notre savoir de la foi. Il est important d&rsquo;en \u00eatre conscients :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Mais qu&rsquo;avons-nous en commun encore maintenant ? La musique. Nous ne connaissons pas de culture sans danse ni chant, sans hululement ni m\u00e9lop\u00e9e. <em>Homo musicus<\/em>. Tous les instruments diff\u00e8rent, certes, et toutes les compositions. Mais il me semble <a href=\"https:\/\/ruptare.wordpress.com\/2017\/08\/22\/poeme-pour-louir\/\">ou\u00efr<\/a> le cri, le ton, la vocalise basse qui les r\u00e9unissent et d&rsquo;o\u00f9 ils \u00e9mergeront. Bloqu\u00e9e, enfouie, cach\u00e9e entre le brouhaha du monde, du corps propre et de la foule, d&rsquo;une part, et, de l&rsquo;autre, la multiplicit\u00e9 compacte des langues <a href=\"https:\/\/ruptare.wordpress.com\/2017\/08\/22\/poeme-pour-louir\/\">ou\u00efes<\/a>, g\u00e9mit ce que les cultures, depuis, jouent sous le nom de musique: source des langages, \u00e9man\u00e9e du bruit de fond du monde et des supplications, gliss\u00e9e entre le tohu-bohu de la Gen\u00e8se et la psalmodie des proph\u00e8tes, advenue avant\u00a0 que naisse le Verbe chez Jean, bien avant que toutes les langues ensemble, au matin de Pentec\u00f4te, le re\u00e7oivent, hurle, dans le double puits de ma gorge et de mes oreilles, dans le pli double des orages et de mon d\u00e9sir, l&rsquo;<em>ur-musik ou tonalit\u00e9 premi\u00e8re de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est en remontant \u00e0 cette sagesse fondamentale de l&rsquo;\u00e9coute, de ce qui cro\u00eet en nous et non de ce que des autorit\u00e9s auto-impos\u00e9es essaieraient de nous faire avaler de l&rsquo;ext\u00e9rieur, qu&rsquo;on arrivera \u00e0 nous \u00e9panouir en direction des arts et des savoirs qui nous feront nous rapprocher d&rsquo;une certaine forme de compl\u00e9tude, toujours \u00e0 remettre en questions (n&rsquo;en d\u00e9plaise \u00e0 Platon).<\/p>\n<p>Je suis sceptique, me direz-vous ? je sombre dans le relativisme par exc\u00e8s d&rsquo;\u00ab<a href=\"https:\/\/ruptare.wordpress.com\/2017\/12\/08\/en-echo-a-ma-conversation-dhier-avec-isabelle-une-amorce-dintroduction-a-lesthetique\/\">esth\u00e9tisme<\/a>\u00bb ? Il se peut. Il est vrai que je me suis \u00e9galement d\u00e9lect\u00e9 de ce second texte cl\u00e9 de notre litt\u00e9rature d&rsquo;\u00e9mancipation, o\u00f9 le m\u00e9tier de vivre est abord\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;hyper-lucidit\u00e9 d&rsquo;un patient, jeune homme condamn\u00e9 \u00e0 la mort, et qui ne veut pas passer ses derniers mois \u00e0 se laisser leurrer par des personnes qui pr\u00e9tendent mieux savoir que lui ce qu&rsquo;il lui faudrait pour moins souffrir ou sauver son \u00e2me. M\u00eame si c&rsquo;est cause perdue, notre patient, aspire toujours au bonheur, pas \u00e0 son succ\u00e9dan\u00e9. C&rsquo;est plus fort que lui, et \u00e7a passe par des victoires contre le mensonge auquel ses proches et les pr\u00eatres ont parfois recours (m\u00eame s&rsquo;ils y croient) pour ne pas avoir \u00e0 p\u00e2tir de ressentir un empathie non \u00e9dulcor\u00e9e par les d\u00e9tournements de v\u00e9rit\u00e9. Mais sa v\u00e9rit\u00e9 est aussi aspiration \u00e0 une transformation\u2026<br \/>\nJ&rsquo;esp\u00e8re avoir piqu\u00e9 votre curiosit\u00e9 et suscit\u00e9 votre d\u00e9sir de lire : <em><a href=\"http:\/\/www.lesallusifs.com\/catalogue\/24-du-mercure-sous-la-langue.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Du mercure sous la langue<\/a><\/em>, de Sylvain Trudel.<\/p>\n<p>Voir une <a href=\"https:\/\/www.erudit.org\/fr\/revues\/qf\/2005-n139-qf1180867\/51284ac.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">analyse de ce texte<\/a> qui parut plus t\u00f4t sous une forme plus br\u00e8ve, comme nouvelle, intitul\u00e9 alors \u00ab Mourir de la hanche \u00bb : Aur\u00e9lien Boivin, \u00ab <em>Du mercure sous la langue<\/em> ou la r\u00e9volte d&rsquo;un adolescent \u00bb in <em>Qu\u00e9bec fran\u00e7ais<\/em>, no. 139 (<a href=\"https:\/\/www.erudit.org\/fr\/revues\/qf\/2005-n139-qf1180867\/\">La litt\u00e9rature fantastique<\/a>).<\/p>\n<p>Les commentaires sur Babelio sont \u00e9galement int\u00e9ressants : https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Trudel-Du-mercure-sous-la-langue\/41900<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je r\u00e9digeais ce matin quelques notes pour mettre \u00e0 jour un document \u00e9crit au cours des derniers jours de d\u00e9cembre 2017 pour faire le point\u2026 et prendre des r\u00e9solutions. J&rsquo;avais alors termin\u00e9 mon contrat comme animateur des jardins collectifs sous la responsabilit\u00e9 du Club populaire des consommateurs de Pointe-Saint-Charles, contrat temporaire pour lequel j&rsquo;effectuais un &hellip; <a href=\"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/2018\/08\/04\/intermede-veille-vacances\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">retour sur lectures solaires&#8230; pour combattre le feu par le feu<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":842,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[74,94,96,107,148,150,163],"class_list":["post-835","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fixions","tag-harvey","tag-lankes","tag-lecture","tag-micro-bibliotheques","tag-serres","tag-solaire","tag-trudel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/835","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=835"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/835\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/media\/842"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=835"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=835"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.fabmx.ypenser.net\/ruptare\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=835"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}